Les réservistes des C-123 : les avions d'épandage sont rentrés du Vietnam, et la dioxine avec eux
Ils n'ont jamais mis le pied au Vietnam. Leur guerre a été une soute de fret dans le Massachusetts, l'Ohio et la Pennsylvanie — un Fairchild C-123 Provider vieillissant qui avait passé la décennie précédente à pulvériser l'Agent Orange sur les jungles de l'Asie du Sud-Est et qui effectuait désormais des missions de transport aérien et d'évacuation sanitaire pour l'Air Force Reserve. Les réservoirs de pulvérisation avaient disparu. Le produit chimique, non. Entre 1972 et 1982, selon l'estimation de l'Institute of Medicine, quelque 1 500 à 2 100 membres du personnel de l'Air Force Reserve ont été formés et ont travaillé sur ces avions, mangeant, dormant, frottant et respirant à l'intérieur de fuselages dont les surfaces intérieures portaient encore des résidus de 2,3,7,8-TCDD — la dioxine, le contaminant de l'Agent Orange. Lorsqu'ils sont tombés malades et ont demandé au VA la même présomption d'exposition que celle accordée aux vétérans ayant servi au Vietnam, le VA leur a dit, pendant des années, que les résidus de dioxine séchés n'étaient pas « biologiquement disponibles » et ne pouvaient pas leur avoir nui. Cette page est le dossier de ce que la science a montré, de qui a porté le combat, et de ce que la règle qui y a enfin mis fin a fait — et n'a pas payé.
Le service et la promesse
L’Operation Ranch Hand a été la campagne de pulvérisation d’herbicides de l’Air Force en Asie du Sud-Est, menée de janvier 1962 jusqu’à la fin des pulvérisations en 1971. Ses avions étaient des Fairchild UC-123 Providers, équipés de réservoirs internes et de rampes de pulvérisation, volant bas et lentement au-dessus de la canopée de la jungle, des routes et des cultures pour ôter le couvert et l’approvisionnement alimentaire des forces ennemies. Military Times, résumant le dossier, évalue l’Agent Orange seul à plus de 10 millions de gallons pulvérisés par les C-123 entre 1962 et 1971. Le rapport de 2015 de l’Institute of Medicine consigne que les formulations de Ranch Hand comprenaient le 2,4-D et le 2,4,5-T, et que le 2,4,5-T portait le TCDD — « un contaminant involontaire qui a par la suite été déterminé comme un cancérogène humain ».
Les hommes et les femmes de cette page ne sont pas les équipages Ranch Hand du Vietnam. Ce sont les équipages qui ont hérité des avions. Lorsque les pulvérisations ont cessé, une partie de la flotte Ranch Hand — le rapport de l’IOM évalue les avions à une trentaine — est rentrée, a été dépouillée de son équipement de pulvérisation, et a été réaffectée à des unités de l’Air Force Reserve pour du travail de routine : transport aérien militaire, transport médical et opérations de fret, comme le décrit le récit de santé publique du VA. Les réservistes qui les ont pilotés étaient des pilotes, navigateurs, mécaniciens de bord et arrimeurs ; des équipes de maintenance au sol qui les lavaient, réparaient et reconstruisaient ; et du personnel aéromédical qui transportait des patients à leur bord. Leur service était sur le sol national, sans éclat, et, selon tous les récits donnés à l’époque, considéré comme sûr.
La promesse qui leur a été faite était la promesse ordinaire, avec une forme légale précise. En vertu de l’Agent Orange Act of 1991, un vétéran ayant servi au Vietnam et ayant ensuite développé une affection répertoriée n’avait pas à prouver l’exposition ; l’exposition était présumée. La position des réservistes, lorsque la maladie est venue, était simple : l’exposition s’était produite dans le cadre du service, à l’intérieur d’un avion du gouvernement, sur ordre du gouvernement — le fait que l’avion avait fait ses pulvérisations dans une guerre antérieure, pour des équipages antérieurs, ne devait pas placer leur exposition hors de la promesse. Pendant des années, la réponse de l’institution a été qu’il n’y avait eu aucune exposition digne de ce nom.
Ce qui s’est passé
Le résidu était réel, et il a été mesuré. Le rapport de l’IOM consigne que des échantillons d’air et de frottis prélevés entre 1979 et 2009 sur des C-123 de Ranch Hand ont montré des produits chimiques résiduels des herbicides pulvérisés au Vietnam encore présents sur les surfaces intérieures. Un avion est devenu l’emblème de toute l’affaire : le C-123 connu sous le nom de « Patches », numéro de queue 56-4362, nommé d’après les centaines de réparations de dommages de combat qu’il portait depuis le Vietnam. L’échantillonnage de Patches en 1994, alors qu’il était préparé pour une exposition intérieure au musée de l’Air Force dans l’Ohio, a trouvé du TCDD dans son intérieur. Le major retraité de l’Air Force Wesley T. Carter — technicien aéromédical et instructeur de vol, et officier des services médicaux, qui a volé dans les C-123 avec le 74th Aeromedical Evacuation Squadron de Westover de 1974 à 1980 — a formulé le point comme les équipages l’ont vécu, dans des propos rapportés par Military Times : « Nous mangions dans cet avion, dormions sur le plancher, vivions dedans lors de déploiements tactiques, et il était trop contaminé pour être exposé au public ? » Avant que Patches puisse être exposé, une équipe de matières dangereuses a dû le nettoyer à fond. Les hommes qui l’avaient piloté pendant des années n’avaient porté aucune protection du tout.
Carter est devenu le porteur du combat parce qu’il en est devenu le chercheur. Malade lui-même — il a parlé publiquement de son cancer de la prostate et de sa maladie cardiaque — il a remarqué le schéma parmi ses camarades réservistes de Westover, a fondé la C-123 Veterans Association, et a passé des années à extraire les propres documents du gouvernement par des demandes FOIA. Les reportages fondés sur ces documents ont décrit des tests de 1994 et 1996 montrant qu’au moins 11 des 16 C-123 de Westover étaient positifs à la dioxine, l’un étiqueté hautement contaminé une décennie après sa retraite. Les propres récits des équipages, consignés dans l’examen par l’IOM du témoignage de la C-123 Veterans Association, décrivent des avions arrivés du Vietnam nécessitant une réhabilitation extensive, avec des réservistes grattant les résidus des intérieurs et lavant les avions avec du savon, des brosses et un équipement de pulvérisation sous pression.
La science indépendante est arrivée par étapes, et chaque étape pointait dans la même direction. En 2012, l’Agency for Toxic Substances and Disease Registry — partie des Centers for Disease Control and Prevention — a comparé les échantillons de Patches de 1994 à la directive de dépistage de l’armée, comme le rapporte le rapport de l’IOM lui-même : une concentration moyenne de TCDD en surface de 636 ng/m², un facteur de 182 au-dessus de la directive de dépistage de 3,5 ng/m², « ce qui correspond à un risque de cancer 200 fois supérieur à la valeur de dépistage ». En 2014, des chercheurs publiant dans Environmental Research — Lurker et ses collègues, dont Jeanne Stellman de l’Université Columbia — ont modélisé l’exposition des équipages à partir des échantillons de frottis et conclu que le potentiel d’exposition à la dioxine « est plus grand qu’on ne le croyait auparavant, et que l’inhalation, l’ingestion et l’absorption cutanée ont vraisemblablement eu lieu pendant l’ère post-Vietnam ». Stellman a énoncé le contraste directement : « Le concept du VA d’un “résidu séché” biologiquement indisponible n’est pas cohérent avec les théories largement acceptées du comportement des résidus de surface. » L’Air Force, pendant ce temps, a disposé des preuves. En 2010, le service a détruit les avions restants — 18 d’entre eux, découpés et fondus — ce que des documents de l’Air Force, tels que rapportés par Military Times, rattachaient à une préoccupation quant à une responsabilité potentielle pour l’Agent Orange. Un mémo de 2009 du Dr Alvin L. Young, le consultant en herbicides dont le travail sous-tendait la position du VA, avait fait pression pour la destruction immédiate des avions en partie pour éviter d’attirer l’attention des médias sur les demandes de santé des vétérans restés au pays, comme l’a rapporté le Connecticut Health Investigative Team. Les avions ont été fondus en ferraille pendant que les demandes étaient encore refusées.
Ce que l’institution a fait ensuite
La position du VA, énoncée sur ses propres pages sur l’exposition aux C-123 et citée dans les reportages de l’époque, était la suivante — dans ses propres mots : « although residual TCDD — the toxic substance in Agent Orange — may be detected in C-123 aircraft by sophisticated laboratory techniques many years after its use », les études existantes soutenaient « a low probability that TCDD was biologically available in these aircraft », et que l’exposition « is unlikely to have occurred at levels that could affect health ». L’interprétation derrière cette position, comme le documente le rapport de l’IOM, venait de Young et Young (2012, 2013) — des rapports préparés pour le Compensation Service du VA décrivant les résidus comme « secs » et immobiles. Le VA a généralement refusé les demandes des réservistes soumises à partir de 2011, et a exigé de quiconque il examinait qu’il démontre l’exposition sur une base individuelle et factuelle. La présomption de l’Agent Orange Act s’arrêtait à la frontière du Vietnam que ces vétérans n’avaient jamais franchie.
Le coût humain du retard est énoncé comme un décompte attribué, parce que c’est ce que le dossier soutient : selon Carter et Vietnam Veterans of America, au moins dix membres d’équipage des C-123 ayant volé sur les avions après la guerre étaient morts de cancers couramment liés à l’Agent Orange en janvier 2015 ; en juin 2014, les deux organisations avaient déjà accusé, dans une déclaration conjointe, qu’au moins dix vétérans exposés étaient morts après s’être vu refuser des soins du VA. Un cas a un nom et une trace écrite. Le lieutenant-colonel Paul Bailey, pilote de C-123, a obtenu reconnaissance en 2013 lorsqu’un decision review officer du VA a écrit que « the preponderance of the evidence suggests you were exposed to herbicide onboard U.S. Air Force C-123K aircrafts » — le premier du groupe de Carter, selon le récit de l’association, à l’emporter sans un combat devant le Board of Veterans’ Appeals. Bailey est mort d’un cancer de la prostate en octobre 2013.
Le VA lui-même a commandé l’étude qui a mis fin à l’argument. L’Institute of Medicine a publié Post-Vietnam Dioxin Exposure in Agent Orange-Contaminated C-123 Aircraft le 9 janvier 2015. Le comité a été franc sur les limites du dossier — l’échantillonnage était clairsemé, effectué longtemps après le service des réservistes, et des estimations exactes d’exposition ne pouvaient pas être dérivées — puis a rejeté la position du VA sur la science. Sur la base de principes physicochimiques, le comité a — dans ses propres mots — « rejected the idea that the dioxin residues detected on interior surfaces of the ORH C-123s were immobile and effectively inaccessible to the Reservists as a source of exposure », et a déclaré « with confidence that the AF Reservists were exposed when working in the ORH C-123s and so experienced some increase in their risk of a variety of adverse responses ». Les résidus mesurés se situaient, a-t-il constaté, dans ou au-dessus de la fourchette des directives internationales où la prudence s’impose. Quant à l’interprétation de Young et Young sur laquelle le VA s’était appuyé, le comité a jugé la description des propriétés chimiques du TCDD et de sa propension à l’absorption cutanée « inaccurate », et l’affirmation selon laquelle l’hexane serait nécessaire pour retirer le TCDD des surfaces des avions « conjecture and not evidence-based ». Le TCDD, a expliqué le comité, existe dans ce contexte comme un contaminant très dilué dont on attend qu’il se comporte comme un liquide surfondu plutôt que comme un solide — pas immobile du tout. Le comité a aussi jugé les méthodes d’échantillonnage de surface fiables, alors que les méthodes d’échantillonnage d’air ne l’étaient pas. L’exposition, a-t-il conclu, pouvait provenir de plusieurs voies : inhalation de particules remises en suspension, ingestion par transfert main-bouche ou par des aliments et de l’eau contaminés, et contact cutané.
Le Congrès a enfoncé le point. En février 2015, un groupe bipartisan de sénateurs dirigé par Richard Burr de Caroline du Nord et Jeff Merkley de l’Oregon a écrit au VA pour lui demander de renverser les refus ; en avril, des sénateurs ont contesté l’argument supplémentaire du VA selon lequel les réservistes dont les maladies apparaissent des années après l’entraînement pourraient ne pas être qualifiés de vétérans du tout — une interprétation que leur lettre a qualifiée de conduisant à des « résultats absurdes ». La MOAA a recommandé dans un témoignage au Congrès en mai que le Congrès et le VA agissent sur le rapport de l’IOM. En juin, les sénateurs Merkley, Sherrod Brown et Ron Wyden ont bloqué la nomination du candidat au poste de sous-secrétaire à la Santé du VA jusqu’à ce que le VA publie sa décision. Le secrétaire Robert McDonald a tranché la question en faveur des vétérans, et le verdict de Burr sur le processus figure au dossier : l’effort « n’a pas été l’une des meilleures heures de l’agence », et « cela n’aurait pas dû être aussi difficile ni prendre aussi longtemps ».
Le VA a publié la correction comme règle finale intérimaire dans le Federal Register le 19 juin 2015 — annoncée la veille afin que les prestations puissent commencer immédiatement — modifiant le 38 C.F.R. § 3.307. La règle présume l’exposition aux herbicides pour un individu qui « a régulièrement et de façon répétée opéré, entretenu ou servi à bord d’avions C-123 connus pour avoir été utilisés pour pulvériser un herbicide pendant l’ère du Vietnam », un critère que le règlement lui-même définit : affectation à un escadron de l’Air Force ou de l’Air Force Reserve affecté en permanence à l’un des avions concernés, avec un Air Force Specialty Code indiquant des fonctions d’équipage de vol, de maintenance au sol ou médical. Les directives du VA couvrent le service de 1969 à 1986 — pour les réservistes, les lieux nommés sont la Lockbourne/Rickenbacker Air Force Base dans l’Ohio (906th et 907th Tactical Air Groups ; 355th et 356th Tactical Airlift Squadrons), la Westover Air Force Base dans le Massachusetts (731st Tactical Air Squadron et 74th Aeromedical Evacuation Squadron), et l’aéroport international de Pittsburgh en Pennsylvanie (758th Airlift Squadron) ; le personnel en service actif ayant servi là où un C-123 contaminé était affecté, avec un contact régulier par des fonctions de vol, au sol ou médicales, est également couvert. Et la règle a fermé directement le piège de l’admissibilité des réservistes : si un membre de ce groupe développe une affection figurant sur la liste de l’Agent Orange du VA, le VA présume que l’affection a commencé — a été invalidante — pendant l’entraînement de réserve du membre, établissant le service comme service militaire actif aux fins du VA. Des demandes d’indemnisation pouvaient être déposées pour n’importe laquelle des 14 affections que le VA reconnaissait alors comme liées à l’Agent Orange, avec des soins de santé, et la Dependency and Indemnity Compensation (DIC) — « indemnisation des survivants » — et des prestations d’inhumation pour les survivants. L’American Legion a rapporté le coût projeté à plus de 47 millions de dollars en prestations d’invalidité sur dix ans.
Où en sont les choses
La présomption pour laquelle les réservistes ont combattu est désormais le droit et la pratique ordinaires du VA. Le paragraphe sur les C-123 du règlement figure toujours dans le 38 C.F.R. § 3.307, et les pages d’indemnisation du VA invitent toujours le personnel de l’Air Force et de la Reserve qui a régulièrement et de façon répétée opéré, entretenu ou servi à bord des avions de Ranch Hand entre 1969 et 1986 — et qui a une invalidité liée à l’Agent Orange — à déposer une demande. La catégorie définie a gagné la chose qu’elle demandait : l’exposition n’est plus à eux de la prouver.
Ce que la victoire n’a pas inclus est tout aussi précis. Le VA a déclaré à l’époque que les demandes ne seraient pas accordées rétroactivement : la date d’effet générale était la date de publication de la règle — le 19 juin 2015 — non la date de la demande originale refusée d’un vétéran, avec une exception seulement pour les demandes encore en suspens. Il n’y a pas eu de réexamen à la Nehmer remontant aux années de refus, et aucun rappel de solde pour les années où des hommes comme Paul Bailey se sont entendu dire que leur exposition n’était pas biologiquement possible. La présomption est aussi bornée par sa propre définition : les unités, fonctions et codes de spécialité désignés. Un membre d’équipage hors de ce cadre est renvoyé à prouver l’exposition individuellement, sur une base factuelle, au cas par cas — le terrain sur lequel toute la catégorie se tenait avant 2015.
Carter a clos son récit du combat par une demande qui ne concernait pas du tout les équipages des C-123 : un examen attentif des actions du VA, comme il l’a écrit au secrétaire McDonald et à la sous-secrétaire Allison Hickey, « pour s’assurer que les vétérans exposés à des substances toxiques ne fassent plus jamais face à un combat aussi malheureux ». Cette demande — un compte rendu de la façon dont la théorie d’un consultant, contredite par les propres échantillons du gouvernement, a régi les demandes pendant des années — est la seule ligne de ce registre que le dossier ne montre pas comme ayant reçu réponse. Les hommes eux-mêmes forment une catégorie qui s’amenuise : sur les 1 500 à 2 100 que l’IOM a comptés, Carter a observé en 2015 qu’il n’en restait peut-être que quelques centaines à retrouver. La règle est prête pour chacun d’eux, et pour leurs survivants. Elle ne va pas les chercher.
Le bilan
Le bilan, en trois lignes — ce que le dossier montre comme ayant été fait, ce qu’il montre comme n’ayant pas été fait, et ce qui est encore demandé.
Ce qui a été fait
- 9 janvier 2015 : Post-Vietnam Dioxin Exposure in Agent Orange-Contaminated C-123 Aircraft de l’Institute of Medicine — l’étude que le VA lui-même avait commandée — a rejeté la position selon laquelle les résidus des C-123 étaient immobiles et inaccessibles, a jugé l’interprétation du consultant du VA derrière elle « inaccurate » et en partie « conjecture and not evidence-based », et a déclaré avec confiance que les réservistes avaient été exposés.
- 19 juin 2015 : la règle finale intérimaire du VA, publiée dans le Federal Register et effective dès sa publication, a modifié le 38 C.F.R. § 3.307 pour présumer l’exposition aux herbicides pour le personnel de l’Air Force et de la Reserve qui a régulièrement et de façon répétée opéré, entretenu ou servi à bord d’avions C-123 de Ranch Hand — défini par l’affectation à un escadron et un code de spécialité d’équipage de vol, de maintenance au sol ou médical, pour un service que le VA date de 1969 à 1986.
- La même règle a présumé qu’une affection liée à l’Agent Orange d’un réserviste qualifié avait commencé pendant l’entraînement de réserve, établissant le statut de vétéran aux fins du VA — corrigeant le piège d’admissibilité qui aurait autrement refusé les réservistes dont les maladies sont apparues des années après leurs périodes d’entraînement.
- Les vétérans admissibles peuvent demander une indemnisation d’invalidité et des soins de santé pour les affections que le VA reconnaît comme liées à l’Agent Orange (14 affections lorsque la règle a été émise) ; les personnes à charge survivantes sont admissibles à la Dependency and Indemnity Compensation (DIC) et aux prestations d’inhumation.
- La présomption reste en vigueur dans les règlements du VA et sur les pages d’indemnisation C-123 du VA aujourd’hui.
Ce qui n’a pas été fait
- Aucune rétroactivité pour les années de refus. Le VA a déclaré que les demandes ne seraient pas accordées rétroactivement ; la date d’effet générale était le 19 juin 2015, la date de publication de la règle, non la date d’une demande refusée antérieure — aucun réexamen comparable à Nehmer des refus concernant les C-123 n’a suivi.
- Aucune couverture au-delà de la catégorie définie. La présomption s’arrête aux unités, lieux, fonctions et codes de spécialité du règlement ; le personnel des C-123 hors de cette définition doit encore prouver l’exposition individuellement, sur une base factuelle, au cas par cas.
- Aucun compte rendu institutionnel. Le dossier ne montre aucun examen par le VA, du type que Carter a publiquement demandé en juin 2015, de la façon dont la position de la « disponibilité biologique » — contredite par l’analyse de 2012 de l’ATSDR et les propres échantillons de l’Air Force — a régi ces demandes pendant des années, ni de la destruction des avions en 2010 pendant que les demandes étaient en suspens.
- Les morts ne peuvent pas être remboursés. Carter et Vietnam Veterans of America ont compté au moins dix membres d’équipage morts de cancers associés à l’Agent Orange au début de 2015, parmi eux le pilote Paul Bailey, qui a obtenu reconnaissance en 2013 et est mort ce mois d’octobre-là.
Ce qui est demandé
- Pour la catégorie définie, le combat est substantiellement terminé : la présomption, la correction sur le début pendant l’entraînement, l’indemnisation, les soins de santé et les prestations aux survivants sont tous en place, et ce qui reste est le travail individuel des vétérans et survivants admissibles déposant les demandes que la règle honore désormais.
- Encore demandé, au dossier : le compte rendu que Carter a demandé — un examen par le VA de son traitement de ces demandes, afin que, selon ses mots, « les vétérans exposés à des substances toxiques ne fassent plus jamais face à un combat aussi malheureux ».
- Encore demandé, par la structure de la règle elle-même : la reconnaissance de tout vétéran des C-123 dont le service tombe hors des unités et fonctions désignées, qui doit aujourd’hui porter le fardeau individuel de la preuve dont la catégorie a été soulagée en 2015.
Le dossier, en vidéo
Quatre films : l’enquête de ProPublica, construite autour de Carter lui-même et du consultant dont le VA a suivi la théorie ; le reportage d’ITN de 1967 de l’intérieur de l’Operation Ranch Hand, enregistré pendant que les pulvérisations étaient en cours ; une histoire de l’Agent Orange et de la guerre des C-123 ; et la bande-annonce du documentaire PBS Independent Lens sur la catastrophe de l’Agent Orange et les personnes qui la combattent encore.
Le combat lui-même. Le court métrage de ProPublica sur Wes Carter, la campagne des vétérans des C-123, et le consultant sur le récit duquel, au sujet de la dioxine, le VA s'est appuyé pendant des années. (ProPublica.)
Ranch Hand, au moment où cela se passait. Le reportage d'ITN du 1er mars 1967 depuis Da Nang : des C-123 pulvérisant la jungle, les équipages qui ont mené les missions, et les avertissements des scientifiques sur les produits chimiques — soulevés à l'époque, au dossier. (Frontline by ITN.)
L'arme en bref. Le récit de Simple History sur l'Agent Orange — ce que c'était, comment les C-123 de l'Operation Ranch Hand l'ont livré, et ce qui a suivi pour les personnes qui y ont été exposées. (Simple History.)
La guerre plus longue. La bande-annonce officielle de *The People vs. Agent Orange*, le documentaire PBS Independent Lens suivant deux femmes — au Vietnam et dans l'Oregon — contestant encore l'héritage des herbicides des décennies après la fin de Ranch Hand. (ktaverna2, la chaîne du cinéaste.)
Sources
- Institute of Medicine, Post-Vietnam Dioxin Exposure in Agent Orange-Contaminated C-123 Aircraft (National Academies Press, 2015), Summary (the committee’s rejection of the immobile-residue position; “with confidence that the AF Reservists were exposed”; the 1-to-25 ng/m² guideline range): https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK298846/
- Institute of Medicine, Post-Vietnam Dioxin Exposure in Agent Orange-Contaminated C-123 Aircraft (2015), full text (about 30 Ranch Hand aircraft; 1,500–2,100 Air Force Reserve personnel, 1972–1982; air and wipe samples, 1979–2009, showing herbicide residues; the C-123 Veterans Association’s account of rehabilitating the aircraft): https://nap.nationalacademies.org/read/18848/chapter/3
- Institute of Medicine report, chapter 4 (the ATSDR analysis: 636 ng/m² average against the 3.5 ng/m² screening guideline — a factor of 182, a 200-fold greater cancer risk; the committee’s evaluation of the Young and Young interpretation for VA’s Compensation Service — TCDD description “inaccurate,” the hexane-removal claim “conjecture and not evidence-based”): https://nap.nationalacademies.org/read/18848/page/65
- Institute of Medicine, “C-123 Aircraft — Key Findings” (the 1,500–2,100 estimate; surface sampling reliable, air sampling not; VA’s position that reservists were ineligible under the Agent Orange Act of 1991): http://nap.edu/resource/18848/C-123-findings.pdf
- VA Public Health, “C-123 Airplanes and Agent Orange Residue” (the report’s January 9, 2015 release; 1,500–2,100 reservists, 1972–1982; flight, ground maintenance, and aeromedical crews; exposure routes including inhalation, ingestion, and hand-to-mouth transfer): https://www.publichealth.va.gov/exposures/agentorange/scientific-review-residue-c123.asp
- VA Public Health, “Agent Orange Residue on C-123 Aircraft” (VA’s acknowledgment of exposure for regular C-123 contact; active-duty eligibility, 1969–1986; the three Reserve locations and units; case-by-case factual proof outside the acknowledged categories): https://www.publichealth.va.gov/exposures/agentorange/locations/residue-c123-aircraft/
- Department of Veterans Affairs, interim final rule, “Presumption of Herbicide Exposure and Presumption of Disability During Service for Reservists Presumed Exposed to Herbicide,” Federal Register, June 19, 2015 (the amendment of 38 C.F.R. § 3.307; the “regularly and repeatedly” definition; the presumption of disability during Reserve service): https://regulations.justia.com/regulations/fedreg/agencies/department-of-veterans-affairs/2015/06/19
- VA News release, “VA Expands Disability Benefits for Air Force Personnel Exposed to Contaminated C-123 Aircraft,” June 2015 (the interim final rule; the 14 Agent Orange conditions; the presumption of onset during Reserve training; DIC and burial benefits for survivors; Secretary McDonald’s statement): https://news.va.gov/20825/va-expands-disability-benefits-for-air-force-personnel-exposed-to-contaminated-c-123-aircraft/
- VA Compensation, “Veterans Exposed to Agent Orange through Duty on Contaminated C-123 Aircraft” (the 1969–1986 service period; regular and repeated operation, maintenance, or service onboard; active-duty and reservist qualifications; onset during Reserve training presumed): http://www.benefits.va.gov/compensation/agentorange-c123.asp
- Military Times, “Report: C-123 fliers exposed to Agent Orange,” January 9, 2015 (VA’s “biologically available” position, quoting VA’s C-123 exposure site; Carter and Vietnam Veterans of America on at least ten crewmen dead of cancers commonly linked to Agent Orange; the IOM panel’s firm conclusion that the reservists were exposed): https://www.militarytimes.com/2015/01/09/report-c-123-fliers-exposed-to-agent-orange/?contentFeatureId=f0fmoahPVC2AbfL-2-1-8&contentQuery=%7B%22includeSections%22%3A%22%2Fhome%22%2C%22excludeSections%22%3A%22%22%2C%22feedSize%22%3A10%2C%22feedOffset%22%3A75%7D
- Military Times, “Vets battle VA on post-Vietnam Agent Orange claims,” March 12, 2014 (more than 10 million gallons of Agent Orange sprayed by C-123s, 1962–1971; Carter’s service aboard Patches as a medical services officer; the 1994 hazardous-materials scrubbing before museum display; Carter’s “We ate in that plane” account; the 2010 destruction of 18 aircraft), via North Dakota Department of Veterans Affairs: https://www.veterans.nd.gov/node/1670
- Defense One, “VA Is Bracing for a New Front in the Agent Orange Battle,” October 2014 (Paul Bailey’s 2013 recognition — VA’s letter conceding a preponderance of evidence of his exposure onboard a C-123K — the first of Carter’s group to prevail without a Board of Veterans’ Appeals fight, and his death from prostate cancer in October 2013): https://www.defenseone.com/policy/2014/10/va-bracing-new-front-agent-orange-battle/96071/?oref=d1-next-story
- VetsNational, “Westover Reservists exposed to Agent Orange” (Carter as an air medical technician and flight instructor with Westover’s 74th Aeromedical Evacuation Squadron; the FOIA documents showing 11 of 16 Westover C-123s testing positive for dioxin in 1994 and 1996, one labeled highly contaminated): https://vetsnational.com/blog/westover-reservists-exposed-to-agent-ora-veteran-news-676/
- Military Times, “VA to grant benefits for Agent Orange exposure,” June 18, 2015 (the rule’s coverage and units; the consultant’s 2011 “freeloaders” email; Carter’s request for a VA review so toxic-exposure veterans “never again face such an unhappy struggle”; VA’s statement that claims will not be awarded retroactively): https://www.militarytimes.com/veterans/2015/06/18/va-to-grant-benefits-for-agent-orange-exposure/
- Military Times, “C-123 veterans still waiting for VA health care,” May 22, 2015 (the senators’ April 27, 2015 letter and its “absurd results” objection to VA’s reservist-status interpretation; the delay after the IOM report): https://www.militarytimes.com/veterans/2015/05/22/c-123-veterans-still-waiting-for-va-health-care/
- The Oregonian, “At least 10 C-123 veterans have died after VA denied their Agent Orange claims, groups say,” June 30, 2014 (the Vietnam Veterans of America and C-123 Veterans Association joint statement), via North Dakota Department of Veterans Affairs: https://www.veterans.nd.gov/node/1608
- ScienceDaily / Elsevier, “Air force aircraft returned from Vietnam identified as postwar source of agent orange contamination,” February 2014 (the Environmental Research study: about 34 aircraft, exposure greater than previously acknowledged, inhalation, ingestion, and skin absorption likely; VA’s “non-biologically available dried residues” policy): https://www.sciencedaily.com/releases/2014/02/140221114002.htm
- Connecticut Health Investigative Team, “Westover Vets Fight For Agent Orange Benefits,” September 12, 2011 (the 2009 consultant memo lobbying for the aircraft’s destruction; the 1994 “heavily contaminated” findings; the crews’ accounts of life inside the aircraft): http://c-hit.org/2011/09/12/westover_vets_fight_for_agent_orange_benefits/
- Senator Jeff Merkley, “Senators call for VA benefits for post-Vietnam vets exposed to Agent Orange,” February 4, 2015 (the Burr–Merkley letter and its signers, following the IOM study): https://www.merkley.senate.gov/senators-call-for-va-benefits-for-post-vietnam-vets-exposed-to-agent-orange_/
- Senator Jeff Merkley, “Merkley Intensifies Pressure on VA to Help C-123 Veterans Affected by Agent Orange Exposure,” June 2015 (the Senate hold on the Shulkin nomination; Carter as the veteran who brought the issue forward, a retired Air Force Major): http://www.merkley.senate.gov/merkley-intensifies-pressure-on-va-to-help-c-123-veterans-affected-by-agent-orange-exposure/
- Military Officers Association of America, “Agent Orange Airmen,” June 19, 2015 (MOAA’s May 2015 congressional testimony recommending action on the IOM report; the interim final rule and its 1969–1986 scope): https://www.moaa.org/content/take-action/top-issues/former-officers/agent-orange-airmen/
- The American Legion, “C-123 veterans awarded benefit eligibility,” June 2015 (the rule effective June 19; projected disability benefits of over $47 million over ten years; the Senate hold that preceded the announcement): https://www.legion.org/veteransbenefits/228319/c-123-veterans-awarded-benefit-eligibility
- ProPublica / The Virginian-Pilot investigation of the C-123 fight and VA’s consultant (Carter and his wife Joan at the January 2015 IOM announcement; the committee’s rejection of the consultant’s claims), via AllGov: http://www.allgov.com/news?news=859688
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